joan jaune borrut

L’oeuvre de Joan Jaume borrut c’est d’abord un témoignage à travers dessins et peintures de l’accomplissement de la force vitale, de sa fusion avec le monde (« Langage entier »: Joe Bousquet  mais aussi : « Le plaisir et l’innocence  » : joseph Delteil). Ensuite c’est une installation de cartons de vin élevée en pyramides à la gloire de Wielfred le Velu, des barriques projetées dans le ciel sur de longs mats de 10 mètres, un incroyable mat de cocagne, dans la rivière Agly, c’est une performance au Centre du Monde dans la gare de Perpignan, pendant l’Ode à Dali du Festival Aujourd’hui Musiques. C’est des poèmes graphés sur des miroirs engoudronés ou colloïdés. C’est des « sculptures-archéologies » de corps translucides éclairés habillés dans leur intériorité.

La viergitude et le verbe présents là aussi en infinie transparence, en palimpsestes de matériaux, de bandelettes momifiées. C’est ces volumes qui se définissent hors structures à partir du magma, dans la puissance plastique. Naissances libres du matériau. C’est ses paroles, ses gestes, son quotidien…transcendés.

D’ailleurs,il dit : «C’est avec le lieu … le lieu, où le verbe se met en acte, où la création s’accomplit. L’endroit où se nécessite une profonde viergitude–ici donnée par les surfaces blanches, les reflets; la pureté des formes (nus,nuages), mais aussi la pureté du graphe, des mots, des poèmes choisis; faire entrer le verbe noir sur blanc, et puis sinueux et en arabesques les actes rouges,bleus, translucides: actes Zen, actes spermatiques - le créé. »


Plus tard: « Là dans ce jardin, le paradis (le mien) bien sur, là où les chats se coulent en lianes, d’arbres en arbres, là dans les éléments je dresse des châssis de quatre sur quatre mètres tendus de draps qui vont m’emporter dans le vent puis qui m’écrasent de couleurs, de matières,de feuilles. Dans ces draps je fais véritablement l’amour avec le monde, j’en ai fait les étendards de l’amour.

Là dans la cuisine tout en mijotant une seiche aux olives ou des palourdes, des tellines en fidéoa, j’ai multiplié les sacrifices eucharistiques, là dans le séjour écrit des textes en traces d’ombres de moucharabiehs, de jalousies, des miroirs aux anses de lumière, là les palimpsestes, les archéologies du geste, là dans la chambre au miroir où l’étang devient lune, ou le Poul devient le pic sacré, là hors focale les clichés de l’amour, là dans le scanner multiple éclaboussé, là…encore l’Acte mirifique, et puis là-bas dans la masse rouge l’atelier, sanctuaire cathédrale où j’officie l’acte du créé ».

Joan jaume borrut, son œuvre, son lieu. Une rencontre avec la vie, l’acte authentique.

 

 

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